Le congé maternité en Europe : état des lieux

dessin de liliaimelenougat

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Le Temps des Mamans était curieux. Il voulait savoir où en était la France, par rapport à ses copains européens, quant à la durée du congé qu’elle accorde à ses jeunes mamans. Alors, comme tout le monde, il a googlelisé “durée congé mater Europe”. Et Wikipédia lui a donné la réponse. Sous la forme d’un beau tableau, bien clair, qui renseigne non seulement la durée du congé maternité dans chaque pays européen, mais aussi leurs conditions de salaire.
Seulement, un tableau c’est bien beau, mais ça ne dit pas grand-chose, comme ça, brut de décoffrage. Alors Le Temps des Mamans s’est foulé d’une petite analyse. Et comme il est un peu perfectionniste, il vous livrera ses conclusions en 2 temps.
Cette semaine : état des lieux.

En France, pas de quoi pavoiser

Première constatation, si nous ne sommes pas les plus mal loties pour ce qui est de la durée du congé mat, on en est quand même pas loin… Rappelons que l’Etat Français accorde 16 semaines (pour un premier enfant et une grossesse non multiple). Et bien en Europe, la durée du congé mat s’échelonne de 14 à 96 (oui, oui, 96 !) semaines. Donc : Cocorico ! 2 semaines de mieux que les pires ! Génial !

Ce ne sont pas ceux qui ont le plus qui donnent le plus

Deuxième constatation, les pays généralement considérés comme les plus riches ne sont pas les plus généreux. Sur les 28 pays recensés, 10 accordent un congé équivalent, voir inférieur, à celui de la France. Et parmi eux : l’Allemagne, la Belgique, l’Autriche, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Suisse.

Pour leur décharge, ces pays appliquent les meilleures conditions salariales possibles, soit 100 % du salaire pendant la totalité du congé.
Nous n’avons par exemple pas grand-chose à envier aux Slovaques, qui malgré leurs 28 semaines (soit 7 mois), ne peuvent revendiquer que 55 % de leur salaire. Faut pas être mère célibataire… Ce n’est guère mieux pour les Tchèques avec leur 69 % (pas 70, hein, non, 69%. Mesquin, dites-vous ?), pour la même durée. Ni pour les Irlandaises, avec leur forfait hebdomadaire de 220 à 260 € pendant 26 semaines.

Les pires ?

Malte. Non seulement ils n’accordent que la durée strictement minimum de 14 semaines, mais ils détiennent le record du congé mater le plus mal indemnisé : 160 € par semaine et pendant 4 semaines seulement ! De quoi se plaint-on, me direz-vous ?

Parce que les mamans le méritent

Sans aller jusqu’à revendiquer les 75 semaines dont bénéficient les Suédoises (soit plus d’un an et demi, à 80 %) ou les 96 semaines des Roumaines (avec un joli 85 % de leur salaire), les règles appliquées dans des pays tels que la Finlande, l’Italie, le Royaume–Uni, la Pologne ou l’Estonie nous semblent plus justes : un congé de 20 à 26 semaines en fonction des états, et un taux d’indemnisation allant de 90 à 100 %.

Dans ces conditions, les femmes peuvent, par exemple, allaiter si elles le souhaitent, et prendre le temps du sevrage, sans stress, avant la fin du congé. On sait le temps que peut prendre la mise en place d’un allaitement serein et confortable. Exiger des femmes une reprise de leur travail 2 mois et demi après leur accouchement, c’est leur demander de sevrer leur enfant, souvent dans l’urgence, et parfois alors que l’allaitement trouve seulement son rythme de croisière. Dommage.

Et ne parlons même pas de sommeil ! Il est communément admis que les bébés ne font pas leurs nuits avant 3 mois. Quel être humain normalement constitué peut assurer correctement son job en se levant X fois la nuit, 10 semaines après avoir mis au monde un enfant, le tout après l’avoir porté et nourri pendant 9 mois dans son ventre ?
Plouf ! Fait le pavé dans la mare.

La suite la semaine prochaine.

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