La couvade

La couvade : maman est enceinte et papa compatit...très concrètement !

La couvade : maman est enceinte et papa compatit…très concrètement !

Plus connue sous la charmante terminologie de « grossesse nerveuse du père », la couvade est un syndrome qui touche certains hommes dont la compagne est enceinte.

Les joies de la grossesse…au masculin !

Les symptômes ressemblent à s’y méprendre à ceux que vivent les femmes enceintes : nausées matinales, fatigue, douleurs dorsales et lombaires, troubles du transit intestinal,… mais aussi sauts d’humeur, troubles de la concentration, envie et dégoût alimentaires les plus incompréhensibles (pour exemple, le témoignage d’Alain, tout en bas de l’article ; notre préféré !). Ah et n’oublions pas évidemment la prise de poids ! Qui va tout de même de 10 à 15 kg, soit là encore la prise de poids moyenne chez la femme enceinte. Le Temps des Mamans a même suivi un couple dont les courbes de poids de Mr et Mme se sont suivies scrupuleusement tout au long de la grossesse ! Bon, sauf à l’accouchement, évidemment…

Ces signes débutent généralement à la fin du premier trimestre de grossesse de Madame, peuvent parfois se calmer pendant le deuxième trimestre (mais pas toujours) et réapparaitre au dernier trimestre pour connaître un pic vers l’accouchement. Certains hommes vivent même des douleurs comparables à celles des contractions utérines pendant l’accouchement de leur compagne. Et les symptômes peuvent perdurer jusqu’à 6 semaines après l’accouchement. Sauf la prise de poids qui peut prendre un peu plus de temps à se résorber…

Les hommes aussi vivent un vrai dérèglement hormonal

Si tous ces symptômes sont d’évidence d’origine psychique, le corps ne fait pas semblant. La somatisation de ces messieurs part d’un dérèglement hormonal tout à fait réel, certifié par des études scientifiques très sérieuses : augmentation de la progestérone et des oestrogènes (hormones réputées féminines) au détriment de la testostérone (hormone plutôt masculine). On assiste même parfois à l’apparition de prolactine, soit l’hormone de la lactation !

Difficile de savoir dans quelle proportion les papas sont touchés par ce phénomène. Les statistiques varient beaucoup d’un article à l’autre. Mais la plupart avancent un chiffre de 20% en France. Et d’après cet article de Madame Le Figaro.fr, cela varie beaucoup d’une culture à l’autre. Si la Suède connaît une proportion de papas couveurs similaire à la France, certains pays connaissent des chiffres bien plus impressionnant : 61 % en Thaïlande et près de 68 % en Chine !!!

Mais que leur arrive-t-il ?

Si tout le monde s’entend sur l’origine psychosomatique de la couvade, plusieurs théories s’affrontent.

Certains voient dans cette somatisation une tentative inconsciente du futur papa d’attirer l’attention sur lui dans une période où, il est vrai, tous les regards se tournent vers le gros ventre sa compagne. Plusieurs sentiments sont évoqués pour expliquer l’origine de la couvade : jalousie vis-a-vis de la mère quant à sa capacité à porter leur bébé, angoisse d’être remplacé dans le cœur de la mère par l’enfant à venir, peur de ne pas être à la hauteur de cette paternité imminente…

D’autres, au contraire, y voit une sorte de compassion poussée à son paroxysme. La couvade est alors le moyen qu’a trouvé le futur papa de montrer son implication dans la grossesse de sa compagne et de prendre sa place de père.

Au delà des grands théories psychanalytiques plus ou moins toutes faites, il y a l’histoire de chacun. L’arrivée au sein d’un couple ou d’une famille d’un nouvel enfant exige de vrais réaménagements des positions de chacun. Cela amène autant le papa que la maman à revivre certains passage de leur histoire, plus ou moins bien résolus. La couvade, comme tout phénomène de somatisation, n’est qu’un moyen que le corps a trouvé pour exprimer ce que les mots ne disent pas.

C’est grave docteur ? Et comment ça se soigne ?

Alors non, vous pouvez vous rassurer tout de suite, ce n’est pas grave. Les hommes sujets à la couvade ne sont pas de mauvais pères qui tentent de voler la vedette à leur femme. Il semblerait même que ces messieurs soient toujours très impliqués dans la grossesse de leur compagne. Et le meilleur moyen de « traiter » une couvade, si le besoin s’en fait ressentir, c’est de parler, tout simplement. Pas forcement d’aller consulter un psy (même si pourquoi pas, après tout). Parlez à qui vous voulez. Même avec un pote autour d’une bière, ça suffire. Mais essayer de creuser son ressenti, mettre des mots sur les émotions que cette grossesse fait ressurgir. Rien d’impossible, quoi.

Et juste pour le plaisir, la semaine prochaine, un petit florilège de rituels liés à la couvade pratiqués de par le monde.

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