Scandale : Touchers vaginaux sur patientes endormies

médecin chut

On surnomme l’armée « la grande muette », mais la médecine n’a pas grand chose à lui envier

Si vous suivez un peu le Temps des Mamans, vous êtes peut-être tombés sur l’article Le point du mari – technique qui consiste à recoudre Madame de manière à resserrer l’entrée de vagin après l’accouchement, pour le plaisir de Monsieur, le tout sans forcément lui demander son avis. Ça donnait déjà une petite idée du niveau d’éthique et de maturité affective de certains obstétriciens français. Eh bien, une fois encore, la Faculté de Médecine nous donne la preuve du manque total de respect qu’elle manifeste vis-à-vis de ces patients. Et plus particulièrement de ces patientes.

C’est par cet article de métronews.fr que le scandale a éclaté : pour apprendre à faire des touchers vaginaux, les étudiants en médecine sont incités à s’entraîner sur des patientes endormies au bloc opératoire. Dans le cadre d’interventions qui n’ont rien à voir avec la sphère gynéco. Et sans leur consentement, cela va sans dire.

Le côté obscur du consentement éclairé

« Oui, mais c’est parce que, vous comprenez, si on leur demandait, elles risqueraient de dire non ». Si, si, c’est bien la raison invoquée ! Vous ne rêvez pas. En même temps, faut les comprendre, les patientes. L’idée de savoir qu’on va être « visitée » à la chaîne par une ribambelle d’étudiants, et qui n’ont pas forcément le « doigté » délicat, le tout sans être consciente de ce qui se passe, ça donne moyen envie, dit comme ça. Mais décidemment, c’est très surfait comme concept, le consentement éclairé…

Le problème c’est que sans ce fameux consentement éclairé (encore lui…), ça s’appelle un viol, tout simplement. Eh oui ! C’est en tout cas l’avis du Code Pénal, qui, à priori, fait autorité en la matière. Petit rappel : « le viol est défini (…) comme tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise. » On imagine qu’en l’occurrence, on est du côté de la surprise. « SURPRISE ! » Doux euphémisme…

Pour preuve des supports de stage sans équivoque

Dans son article, metronews révèle des extraits de documents de stage en vigueur à l’Université Lyon-sud dans lesquels ont peut lire noir sur blanc « examen clinique de l’utérus et des annexes par le toucher vaginal et le palper abdomninal (apprentissage au bloc sur patiente endormie) ». Bien sûr, la faculté nie toute pratique de ce genre. Et les médecins responsables de l’enseignement en question affirment n’avoir jamais vu ces documents. Qui ont judicieusement disparu du site internet depuis…

Des témoignages concordants

On pourrait essayer de les croire si ces révélations ne venaient pas corroborer des témoignages récents d’étudiants issus de la fac de Nantes, cette fois. Et le docteur Martin Winckler lui-même, médecin généraliste à la pointe en matière de lutte contre la maltraitance des femmes par la gynécologie-obstétrique, témoigne de l’existence de ces pratiques. Selon lui, les touchers vaginaux sur patientes endormies se pratiquaient déjà quand il était étudiant et se pratiquent toujours.

Certains nient. D’autres se justifient !

Ce qui nous choque le plus dans tout ça, finalement, ce n’est pas que certains médecins se croient tout permis sur le corps de leurs patients sous prétexte qu’ils ont le savoir. Leur âge, le fait qu’ils ont été formés à une époque qui permettait ce genre de chose sans que quiconque ne pose de question ; une époque où le médecin était considéré comme tout puissant et le patient n’avait rien à dire… Ça n’excuse rien. Mais ça explique.

Ça n’est pas non plus que les étudiants acceptent de s’y plier. Ils veulent réussir leurs études. Ils en ont assez chié pour en arriver là. On leur dit de le faire. Ils le font. A leur décharge, presque rien n’est fait au cours de leur long cursus pour éveiller leur questionnement éthique. En stage, il faut être rapide dans l’exécution des ordres pour être bien noté. Pas le temps de réfléchir.

Non, ce qui nous choque le plus, ce sont les étudiants qui, non seulement acceptent sans ciller de fourrer leurs doigts dans des vagins sans demander leur avis aux propriétaires, mais surtout qui légitiment leur acte !
« Bah quoi, faut bien qu’on apprennent ? »
« En quoi ça les dérange, puisqu’elles ne se rendent pas compte ? »
Le must selon Le Temps des Mamans : « Il vaut mieux qu’elles ne se souviennent pas ». Effectivement, si un jour j’apprenais que des inconnus étaient « passés me voir » au bloc pendant une intervention, il vaudrait mieux pour eux que je ne me souvienne pas…

Un peu d’espoir dans ce monde de brutes épaisses

Il y a fort à parier que la plupart des étudiants font ce qu’ont leur demande sans se poser plus de question sur le coup quand on les invite (que dis-je, qu’on les pousse parfois), à pratiquer des touchers vaginaux sur des patientes endormies.

Mais, lueur d’espoir, certains réalisent après coup ce qu’ils ont fait. C’est déjà ça. D’autres rechignent, c’est un début. Certains même émettent des objections avant d’obtempérer, au risque d’être mal noté. C’est un peu mieux. Et, oh miracle ! Il y en a qui refusent ! Comme en témoigne cette étudiante en médecine, sur son blog sous la blouse, et qui, nous n’en doutons pas un instant, est certainement devenue un excellent médecin.

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