C’est quoi une maisons de naissance ?

maison de naissance de Namur, en Belgique

Voilà à quoi ça peut ressembler. Une maison, quoi. Ici, l’Arche de Noé, à Namur, en Belgique

Depuis les années 60, la pratique de l’accouchement s’est de plus en plus médicalisée. Au point qu’aujourd’hui il est pris en charge comme une pathologie. Et alors que nombreuses recherches mettent en évidence l’aspect nocif de la surmédicalisation autour de l’accouchement.
Les maisons de naissance, elles, font le chemin inverse. Certains esprits y voient un retour à l’âge de pierre, Le Temps des Mamans y voit plutôt un retour à l’essentiel.

Une maison de naissance, c’est…

Un lieu d’accueil des futures mamans et de leur famille, dédié à l’accouchement physiologique, et géré intégralement par des sages-femmes.
Elle vient répondre à la demande croissante de femmes qui souhaitent accoucher naturellement, à leur rythme, dans un lieu qui respecte leur intimité et leur physiologie. Des femmes qui considèrent la grossesse et l’accouchement comme des processus normaux, qui, s’ils nécessitent une surveillance et une préparation adéquates, ne justifient en rien une médicalisation à outrance.

Comme à la maison

Choisir la maison de naissance, c’est un peu comme accoucher à domicile, dans un environnement humain, calme et chaleureux. A l’intérieur, ça ressemble plus à chez vous qu’à un hôpital : salon, cuisine équipée, et dans la chambre, un lit 2 places, des fauteuils et une grande baignoire.

Et surtout, pas de matériel médical : ni table à étrier, ni perche à perfusion, ni machine qui fait bip bip. Rien ! Ou presque. En tout cas, rien de visible. Et pas non plus de ballet incessant de blouses blanches, comme c’est le cas dans beaucoup de maternité. Bah oui, une salle d’accouchement c’est pas un hall de gare. Vous aimeriez accoucher dans un hall de gare, vous ?

Une femme, une sage-femme !

Pas non plus d’examen du col fait par des doigts différents toutes les heures.
En maison de naissance, c’est la même sage-femme qui sera présente tout au long de l’accouchement. Et cerise sur le gâteau, cette sage-femme, vous la connaissez déjà, puisque c’est elle qui a assuré tout le suivi de grossesse ! C’est ce qu’on appelle l’Accompagnement Global à la Naissance (AGN). Il comprend :
– les consultations prénatales
– la préparation à l’accouchement
– la pratique de l’accouchement lui-même
Mais aussi :
– la surveillance en suites de couches, c’est à dire la récupération de la maman, l’établissement de la relation mère-enfant, la mise en route de l’allaitement et l’apprentissage des soins à donner au bébé
– la visite post-natale (qui a souvent lieu à la maison, puisque le retour à domicile a lieu dans les 24h qui suivent la naissance)
– la rééducation du périnée

Qui peut accoucher en maison de naissance ?

Les maisons de naissance n’accueillent que les mamans présentant une grossesse normale. On trouve sur le site de la maison Arc-en-Ciel, à Bordeaux les conditions à remplir pour accoucher dans leurs murs :

  • vous êtes une future maman en bonne santé
  • votre IMC doit être inférieur ou égal à 35 (IMC = poids/taille2)
  • vous ne souhaitez pas d’analgésie péridurale
  • votre liquide amniotique est clair
  • vous attendez un seul bébé (pas de jumeaux)
  • vous n’avez jamais eu de césarienne
  • votre grossesse se déroule normalement
  • vous êtes au moins à 37SA lors de votre accouchement
  • votre bébé se présente par la tête (pas de siège)
  • votre bébé est en bonne santé dans l’utérus

Il y fort à parier que ces conditions sont les mêmes dans les autres maisons de naissance.

Bye Bye Péri

Et oui, la péridurale fait partie de l’arsenal médical de l’accouchement. En maison de naissance, il n’y a pas de médecin. Ni gynéco, ni anesthésiste. Donc, pas de péridurale.

Mais beaucoup d’autres moyens de gestion de la douleur existent : les massages, la relaxation, l’hypnose, la sophrologie, les exercices de respiration, le chant, l’haptonomie… Les sages-femmes qui exercent en maison de naissance sont très souvent formées à ce type de pratiques.

Sans oublier que vous pouvez rester active jusqu’au bout, et donc trouver spontanément les postures antalgiques qui vous conviennent, et ce tout au long de l’accouchement. Dans chaque chambre, vous trouverez un ballon de mobilisation du bassin et des draps de suspension pour vous aider.
Alors que branchée à une péridurale, vous devez rester allongée. Ce qui ne favorise ni la descente du bébé, …ni le confort de la maman !

Péri or not péri

Dans beaucoup d’articles, on peut lire que l’absence de péridurale fait partie des inconvénients des maisons de naissance. Ce n’est pas le point vue du Temps des Mamans.

Il existe bien assez de lieux qui donnent accès à la péridurale. Et qui la pratique même à tour de bras.
Loin de nous tout jugement. Chaque femme doit être libre de choisir l’accouchement qu’elle souhaite. Avec ou sans analgésie.

Mais c’est justement ça qui manque. Le libre choix ! Par chez nous, la péridurale est devenue quasi systématique. Au point que celles qui préfèrent s’en passer sont prises pour des folles. Au mieux de douces naïves, au pire de sombres masos.

Les mamans qui s’orientent vers les maisons de naissance font ce choix en toute conscience. Et si elles le font, c’est qu’elles pensent avoir en elle toutes les ressources nécessaires pour donner naissance à leur bébé. Sans avoir besoin de se couper de leurs sensations, fussent-elles très douloureuses.

Et contrairement à ce que beaucoup pensent, elles sont loin d’être naïves. Elles n’arrivent pas comme des fleurs, la bouche en cœur. Elles comptent même souvent parmi les mieux informées pour tout ce qui touche à l’accouchement. Y compris des douleurs. Et elles s’y sont préparées !!!
L’AGN est d’ailleurs pensé dans ce sens. Il renforce la confiance des mamans dans leur corps et dans leur capacité à mettre leur bébé au monde : une seule sage-femme tout au long du suivi, qui connaît le projet de naissance, qui met en place une préparation à l’accouchement individualisée, avec qui s’instaure une relation de confiance, qui est présente le jour J et qui vous soutient jusqu’au bout. Ça aide pour avoir confiance en soi.

Et puis, vous avez droit au protoxyde d’azote, aussi. Vous savez, le fameux gaz hilarant ? Bon, en plein travail, je doute qu’il fasse vraiment marrer. Mais bon, ça détend.

Moins d’épisio. Vraiment beaucoup moins !

L’autre grande différence avec l’accouchement classique à l’hôpital, c’est la rareté des épisiotomies. Ce geste chirurgical était devenu quasi systématique dans les années 80. Leur taux a heureusement baissé depuis, mais reste autour de 40 %. C’est énorme. En comparaison, les chiffres délivrés par cet article du Journal des Femmes sont édifiants : à la maison de naissance de Pontoise, 3 épisio pour 94 accouchements, et au CALM à Paris, seulement 2 pour 200 accouchements !

Et ça coûte beaucoup moins cher !!!!!

En même temps, c’est logique : pas d’actes médicaux onéreux et des séjours très courts, ça revient bien moins cher. Le coût d’un accouchement en maison de naissance est évalué à 600 €, contre 1300 à 3000 € en maternité. Selon le site du HuffPost, « si seulement 1,5% des naissances y étaient réalisées, l’économie serait de 7 millions d’euros, voir 30 millions si l’on tient compte de la durée moyenne des séjours (4,4 jours) pour un acccouchement. »

Un argument qui a sans doute pesé lourd dans la balance pour enfin décider nos chers politiques à se mouiller un peu et enfin autoriser l’expérimentation des maisons de naissance en France.

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